Frappe(s) Chirurgicale(s) / Dommage(s) Collatéraux

Ces deux expressions figureront sans aucun doute au panthéon de la novlangue contemporaine tant elles sont le produit d’une intention délibérée de contrôler le langage et ses effets. Nul n’ignore que c’est l’armée américaine qui a la première employé ces expressions afin d’atténuer la connotation plutôt péjorative du mot guerre.

Ainsi, lorsqu’un bombardement américain fait 100 morts en Afganistan après avoir massacré un village (qui célébrait un mariage), on ne saurait parler de crime de guerre ou d’exaction, on ne saurait vraiment désigner des coupables, car « l’erreur d’appréciation du commandement quand à la nature de la menace présumée » est le résultat d’une méprise regrettable. On constatera que les peuples afghans ou irakiens ont, comme les corses, la désagréable habitude de tirer des coups de feu à l’occasion de fêtes. Bref, une véritable politique de civilisation s’impose..

On l’aura compris, les terroristes sont toujours les méchants (ceux d’en face), et les gentils (ceux qui communiquent) disposent de « bombes intelligentes », effectuent des « frappes chirurgicales »,  et parfois des « dommages collatéraux ». Les premières étant à opposer aux « bombes sales », les secondes aux « attentats aveugles », les derniers aux « massacres ».

Une analyse plus profonde de ces expressions n’est pas nécessaire. Elles appartiennent à la propagande d’État qui sévit dans les « démocraties modernes », elles ne sont qu’un effet, et pas une cause. Le véritable coupable n’est pas l’état major qui est dans son rôle car depuis le « bulletin de la grande armée » (Napoléon vantait déjà son héroïsme et son génie) les militaires communiquent afin de convaincre les populations du bien fondé de leurs (ex)actions.

Les vrais responsables sont (encore une fois), les journalistes qui se font les relais zélés de cette propagande qu’ils présentent comme une information neutre et objective. La formatage de l’opinion est un travail de longue haleine, remercions nos dévoués journalistes qui s’y attèlent quotidiennement depuis plus de 20 ans. A cet égard, on ne recommandera jamais assez livre de Serge Halimi et Dominique Vidal « l’opinion ça se travaille, les médias et les guerres justes« .

Le phenomène décrit ici étant purement fictif, toute ressemblance avec une ou situation actuelle ne saurait être que fortuite.

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Published in: on janvier 14, 2009 at 1:31  Comments (1)  

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  1. Hello, je découvre ce site : je suis fan ! Sujet palpitant, les analyses sur la propagande contemporaine sont inexistantes, c’est appréciable d’en lire quelques unes ici. Sans trop de sérieux qui plus est ! Merci.


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