Tocqueville

Vache sacrée de la pensée officielle, Alexis de Tocqueville serait le penseur indépassable de la démocratie. Il aurait le premier vu la dynamique inhérente à la démocratie, conçue comme un processus. Une vulgate fait de lui le penseur du despotisme démocratique, cancer qui ferait de la démocratie une tyrannie des égaux.

Nos brillants intellectuels entendent par là le ressentiment qui anime les masses vis à vis de tout ce qui est beau et qui brille (le plus souvent, nos maîtres à penser ). Le peuple, si petit, ne supporterait pas l’idée que quelque chose de grand puisse exister. Il serait prêt à supporter la pire dictature stalinienne pour peu que tous soient égaux dans la fange.

Dès lors, journalistes et intellectuels s’en donnent à coeur joie pour dénoncer « la passion de l’égalité » quand certains s’indignent du fait qu’Hervé Gaymard puisse occuper aux frais du contribuable (14 000 €/mois) un appartement de 600 m² alors qu’il est propriétaire d’un logement qui, jusqu’ici, faisait l’affaire.

On fera remarquer que Tocqueville a tendance à fantasmer l’Ancien Régime (qu’il n’a pas connu) et l’excellence de sa noblesse (décadente). De plus, ce qu’il décrit des amériques, ce n’est pas exactement la démocratie mais plutôt la logique libérale. En effet, le relativisme et l’égoïsme sont plus les effets du libéralisme que du républicanisme antique. Plus Dubaï que Rome.

Peu importe ! Le mal est fait. Désormais, on pourra entendre à la radio les flics habituels pester contre l »égalitarisme qui nous menace, contre les sentiments anti-élites (et quelles élites!) qui agitent les masses et qui tout naturellement … font le lit du fascisme. D’ou la nécéssité de s’en proteger … et de propager l’idée qu' »il faut parfois protéger les forts du ressentiment des faibles » (Nietzsche).

Published in: on décembre 4, 2008 at 12:02  Laisser un commentaire  

Jack Lang

Toute l’oeuvre de Jack Lang est placée sous le signe de la fête et des paillettes. Eternel ministre de la culture de l’ère mitterrandienne, il n’a cessé de faire l’apologie des jeunes. Sans doute pensait-il que les fumeurs de pétards et les rockeurs en herbe constituaient la clientèle électorale de l’avenir. Il s’est donc donné l’image d’un dandy ouvert à toutes les nouvelles formes d’art (du graffiti au porno), client régulier des émissions télévisées les plus vulgaires (Cauet), et adepte de la nouvelle pédagogie à l’école qui a fait de l’illettrisme notre plus belle réussite scolaire.

Malheureusement s’il avait passé plus de temps à étudier sa cible électorale, il aurait compris que :

– De part leur faible participation aux élections et leur préférence pour la pureté idéologique de l’extrême gauche, les jeunes ne constituent pas une clientèle électorale fiable pour le PS.

– De plus, les « jeunes » ne constituant pas une catégorie sociale homogène et n’ayant donc pas d’intérêts de classe à défendre, ils ne sont porteurs d’aucun projet politique sérieux. Le messianisme de la jeunesse étant avant tout un slogan.

– Enfin, les jeunes de gauche ne sont pas tout à fait aussi idiots que l’imagine le parachuté de Boulogne et font encore la différence entre les congés payés et le printemps des poètes.

Published in: on novembre 27, 2008 at 3:45  Comments (2)  

Jean-Luc Mélenchon

Socialo-éthiliste, Jean-Luc Mélenchon avait pour seule fonction, jusqu’à ce qu’il démissionne du parti socialiste, de faire croire à l’élécteur de gauche que le PS est un parti qui n’a pas completement renoncé à sa rhétorique marxiste et ouvrièriste. Cette mascarade avait pour finalité de rabattre les voix de l’extrême gauche sur le candidat socialiste, le fameux vote utile. Conscient ou pas de son rôle au sein du parti, M. Mélenchon a démissionné il y a peu, prétextant qu’il en avait assez d’avaler des couleuvres. On se permettra de remarquer que cette prise de conscience est survenue quelques mois après sa ré-élection au sénat, en tant que membre du parti socialiste, et qui lui assure une confortable rente pour les 6 ans à venir. On n’est jamais trop prudent.

Published in: on novembre 24, 2008 at 2:11  Comments (1)  

Coluche

Figure mythique du comique à la française, Coluche est célébré de tous cotés comme un génie. On ne trouve personne qui n’ait de la sympathie pour lui. Ses louanges sont chantées jusque dans la classe politique, ce qui prouve qu’aujourd’hui, s’il peut encore faire rire, Coluche a céssé d’être dangeureux.

Published in: on novembre 24, 2008 at 1:48  Laisser un commentaire  

Siné

Dessinateur alcoolique et amateur de Jazz qui incarne à lui seul une certaine tradition anarchiste française. Bien qu’il soit convaincu que la France vit sous le joug des chasseurs et des curés, on ne lui reprochera pas de se tromper parfois de combat. Victime d’un procès en sorcellerie pour un article dont le défaut majeur était de ne pas être drôle, il suscite une certaine sympathie lorsqu’on voit que la coalition des (simples d’) esprits fermement décidés à le marquer du sceau de l’infamie est le who’s who de la pensée flic parisienne.

Published in: on novembre 24, 2008 at 1:47  Laisser un commentaire  

Alain Badiou

Philosophe néo-stalinien dont le succès va croissant depuis une dizaine d’années. Rescapé de l’épopée maoïste des années 60, il ne s’est jamais renié, contrairement à ses confrères de l’époque, et fait de l’anti-sarkozisme son fond de commerce. Il partage toutefois avec Nicolas Sarkozy et Jean-Luc Mélenchon une admiration certaine pour la force, l’autoritarisme et la brutalité. Cependant, là ou Nicolas Sarkozy, dans son amour et sa quête de pouvoir, ne cherche qu’à résoudre son complexe d’Oedipe, M. Badiou voit dans les régimes totalitaires le meilleur instrument dont dispose l’humanité pour créer un homme nouveau. Bien évidement les formes élémentaires de la morale n’ont pas leur place dans ce projet « humaniste ».

Ce mépris absolu des faibles et l’admiration systématique de la force brute constitue à cet égard l’arrière plan de l’imaginaire de nos hommes politiques depuis qu’ayant mal digéré Tocqueville et Nietzsche, ils sont convaincu que l’enjeux réel de leur combat est de se protéger du ressentiment de leurs électeurs.

Published in: on novembre 24, 2008 at 12:39  Comments (3)